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Debout de bonne heure, on prévoit partir vers 09h00.

En chargeant la voiture, surprise : le pneu arrière gauche est mou. Je décide de faire un saut chez un concessionnaire local de « Kal Tire » le fournisseur déjà connu à Vancouver.

Le temps de prendre un café, une vis est retirée du pneu et, gracieuseté de « Kal tire », on prend la route finalement vers les 10h00.

Le temps est magnifique, le bétail est debout dans les champs, ça sent bon et j’anticipe avec fébrilité le passage du Pa-du-Nid-de-Corbeau. Les sommets enneigés se succèdent, parfois enfouis dans les nuages blancs.

Je n’ai pas la berlue, on se fait dépasser par une camionnette arborant fièrement sur sa lunette arrière le sigle des « Canadiens » de Montréal. Pourtant, la plaque est bien de Colombie-Britannique et le concessionnaire de Lethbridge en Alberta. Les bras meurtris tendent le flambeau jusque de ce côté-ci des Rocheuses.

Même si les montagnes sont plus hautes et les formations rocheuses impressionnantes, les paysages rappellent la Gaspésie. Dire que tout ce coin de pays a émergé du fond de l’océan il y a des millions d’année. Les strates rocheuses inclinées presqu’à la verticale nous indiquent à quel point la nature est forte et fait son petit bonhomme de chemin envers et contre nous.

On longe une rivière, comme si c’était une voie de circulation parallèle à la nôtre; je ne peux m’empêcher de me penser aux voyageurs qui ont canoté par ici. Et la voie ferrée nous suit également rappelant l’importance de ce mode de transport dans notre histoire et notre organisation sociale.

On annonce « Downtown Fernie »; il faut bien séparer les voyageurs des locaux pour assurer une certaine qualité de vie.

Arrêt à Sparwood pour visiter le concessionnaire local de « Kal Tire »; on a maintenant assez roulé pour qu’ils tiennent à vérifier l’état de la roue réparée à Cranbrook. Tant qu’à faire sortir le mécanicien avec sa clé dynamométrique, autant en profiter pour faire changer l’huile du moteur et prendre le temps de vérifier les courriels.

À la sortie de la ville, on exhibe fièrement le plus gros camion du monde; c’est un pays minier ici. D’ailleurs les trains de wagons ouverts se succèdent sur la voie ferrée. Puis, avec la voie en contre-bas, on s’arrête pour admirer un plan d’eau où pèchent quelques locaux. Je m’approche de l’écriteau qui trône fièrement au bord du belvédère et oh! Surprise, on est dans le Pas-du Nid-de-Corbeau. Sans cet arrêt pour admirer le paysage, on ne s’en serait pas rendu compte. Moi qui m’étais fait une idée grandiose de cet endroit.

On entre en Alberta et presqu’instantanément, le paysage change; le terrain devient moins montagneux, plus vallonné. Et le prix de l’essence est affiché à 0,969 $.

En passant à Frank, on traverse un glissement de terrain titanesque. On a ouvert la route au travers les amas de roches et on invite les gens à se promener au cœur de ce qui est devenu un  monument à la force de la nature.

On aperçoit une première éolienne qui contraste avec la réputation pétrolière de la province. Puis une deuxième et des dizaines, et probablement des centaines d’éoliennes alignées, tournant dans le vent. Le paysage en est agrémenté à perte de vue. Bravo pour cette énergie verte au pays des cowboys qui n’y voient probablement qu’une extension des moulins qui entraînent les pompes sur les ranches depuis toujours.

Les fermes se succèdent également et le train parcourt toujours le paysage. L’eau est haute par endroits dans les champs; on y aperçoit des structures métalliques qui protègent les équipements des animaux qui pourraient les emboutir. Les élévateurs à grains apparaissent au loin, indiquant une concentration de population et le chemin suivi par la voie ferrée. L’Ouest bat au rythme de ses cultures.

À Nanton, un musée à la mémoire des bombardiers avec un CF-100 et un T-33 trônant sur des socles au bord de la route.

On bifurque en direction Nord, passe par Calgary et poursuit notre route sur Edmonton où nous passerons une journée à nous reposer de la route, et à travailler.