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Quitter Kenora pour notre première journée de route entièrement en Ontario; ce ne sera pas la dernière tout le monde nous ayant averti que le Nord de l’Ontario : c’est long longtemps.

On traverse la ville : l’hôpital; l’hôtel de ville; la caserne de pompiers; une église. Ville fort sympathique. Bien plus que son ancien nom : Rat Portage.

Le paysage est changé : beaucoup plus d’arbres, des plans d’eau ici et là, et beaucoup plus de camions. Les travaux de construction sont nombreux, mais ne nous retardent pas trop. Les villages tentent de se démarquer les uns des autres, mais on passe bien trop vite pour porter une grande attention aux marqueurs artificiels. C’est le pays de la pêche ici. On annonce la vente d’appâts et de ménés un peu partout.

Une annonce qui a attiré notre attention, à l’entrée de Dryden, le « Kowality Inn »; je me demande s’ils ont eu des démêlés avec la chaîne hôtelière.

Le Nord de l’Ontario, c’est également un pays de bois et d’usines de pâte. On y célèbre les avions de brousse qui ont permis le développement avec entre autres un bimoteur sur flotteurs à l’ancre dans un étang d’une ville.

Une halte routière marque le 90e degré de longitude Ouest, limite des zones d’heure normale de l’Est et centrale; je sais bien qu’on est à l’heure avancée, mais la pancarte parle de l’heure normale, bon. De plus, j’avoue : elle parle de Eastern Standard Time Zone et de Central Time Zone, mais enfin, ce n’est pas une halte fédérale et on n’est pas toujours bien servi, mais enfin; c’est une belle halte. On y parle de Sir Sandford Fleming qui a imaginé l’idée de normaliser les heures; vous vous imaginez ce que ce serait aujourd’hui si chaque ville vivait encore à son heure ?

À la même halte, on parle de la première route Transcanadienne, celle qui empruntait les rivières. On y parle de Jacques de Noyon qui passa près d’ici pour la première fois en 1688, et de l’histoire de cette route et de ses successeures.

Enfin, on entre dans North Bay et après avoir choisi un hôtel, on part vers le point le plus haut de la ville pour y admirer le paysage. Les élévateurs à grains dominent le bord de lac, mais des maisons impressionnantes s’imposent çà et là. Le parc est doté d’un marqueur qui donne l’élévation du site par rapport au niveau du lac et au niveau de la mer. On y arbore également un monument aux soldats du régiment local morts au combat dans les diverses guerres auxquelles il a participé, et une cloche qui, malheureusement est trop usée pour discerner l’occasion rappelée.

De retour à la voiture, les gens autour observent tous un phénomène qui m’est tout aussi nouveau. Des nuées de « bibittes » virevoltent au-dessus de la cime d’épinettes à mi-hauteur de la pente. Ces nuées sont clairement visibles à l’œil nu malgré la distance. Des photographies au téléobjectif montrent le nombre impressionnant d’individus constituant ces nuages. De quoi faire jaser les gens, qu’ils soient ici ou nous suivent à distance.

Bon, la journée a été longue et il est temps de retraiter dans nos quartiers. Demain nous aurons droit à la journée de route la plus longue du voyage, soit près de 800 kilomètres.